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Dimanche 23 novembre 2008

L'actualité croustillante du Parti Socialiste en France nous a donné envie d'aller lire les analyses fines de nos camarades pipoteurs socialistes. Que pensent-il de Ségolène et Martine, de leurs querelles de poissonnerie, des résultats plutôt équilibrés du vote et de l'élection probable de Margolène Robry à la tête d'un parti déboussolé?

 

Le résultat est éloquent : le PS Sciences-Po soutient résolument... Obama. A voir le bandeau qui s'affiche en haut de leur blog deux semaines encore après l'élection, on pourrait presque croire que le PS et le parti démocrate, c'es pareil. Bravo, chers camarades, d'exprimer ainsi une pensée courageuse, une conviction forte, et d'affirmer haut et fort que vous partagez l'avis de plus de 80% des Français. Parler de récupération serait sans doute du mauvais esprit, mais nous osons : c'est du racollage! Ah! Qu'il est facile de se réfugier derrière le sujet le plus consensuel du monde... et d'espérer, pourquoi pas, récupérer quelques miettes de la popularité d'Obama.

 

Mais nos militants socialistes restent totalement muet sur l'actualité brûlante de leur propre parti. On se félicite bien de l'élection de tel président de fédération, puis Etienne (le nouveau chef du PS ScPo, si si c'est important) fait un discours de premier ministre après son élection, mais on ne parle pas de ce qui fâche. C'est ce petit côté Pravda qui leur va si bien.

 

Dommage, car la réhabilitation d'un parti socialiste qui s'est ridiculisé mériterait d'être plaidée par les meilleurs plumes et les plus brillants rhéteurs...

Par RDN Sciences-Po - Publié dans : Sciences-Po
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Dimanche 1 juin 2008

L'application du droit se marie mal (c'est le cas de le dire) avec l'immédiateté médiatique. L'affaire sans importance du jugement de Lille le prouve une nouvelle fois. Sans avoir entendu l'avis du professeur Rey sur la question, il nous vient l'idée que le malheureux magistrat incriminé n'a fait qu'appliquer le code civil - mais qu'en l'espèce appliquer la loi n'est pas à la mode.

L'histoire est simple : une jeune femme se marie et promet qu'elle est vierge. Le mari constate que ce n'est pas tout à fait le cas. En l'occurrence ça lui pose un problème parce qu'il est musulman pratiquant, mais vraiment là n'est pas la question. La question est que la future femme lui a raconté un petit mensonge, et que c'est bien mal commencer des années de vie conjugale.

Le juge annule le mariage fort logiquement parce que pour le mari la virginité était une qualité essentielle pour se marier. La femme est d'accord (et l'on peut penser que ça l'arrange bien, étant donné l'ouverture d'esprit du mari elle nétait pas sur le point d'entamer une vie très folichonne). Comme dirait l'autre, what else?

Certes tous les prétextes sont bons aux féministes de tout poil pour s'agiter. On peut regretter qu'ils se trompent à ce point de problème : le problème en l'occurrence, c'est l'enjeu tribal. Toute la famille s'en mêle, le beau-père de cette pauvre femme la reconduit chez ses parents, et tout cela dans des conditions scandaleuses. Et l'on laisse faire, tant le communautarisme musulman a su imposer ses lois et ses usages aux siens. Mais est-ce la faute du juge?

Par RDN Sciences-Po - Publié dans : Société
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Samedi 26 avril 2008

Le pipi du crapeau socialiste n'atteint pas la blanche colombe présidentielle : Sarko a été plutôt bon hier soir. Avec une certaine modestie, le président de la République a remis en perspective les premières actions du gouvernement et a rappelé clairement les principales orientations du gouvernement.


Travail

"J'ai été élu sur la réhabilitation de la valeur travail" : le président rappelle ici la cohérence profonde de son action. C'est à cette aune qu'il faut mesurer la politique du gouvernement. Il y eut d'abord - et enfin! - un discours clair et assumé sur la loi TEPA, sujet jusqu'ici laissé à la gauche et son "paquet fiscal". A cet égard la revue détaillée des mesures était bienvenue. La réforme du droit des successions, dont le public cible n'est pas le grand capitaliste (qui crève bien sûr le plafond) mais bien le travailleur qui a constitué un petit patrimoine pour sa famille, ses enfants (les détracteurs socialistes n'ont jamais dû devoir vendre l'unique maison de famille héritée d'un grand-père cantonnier pour payer ces droits, manifestement) ; les heures supplémentaires ensuite, dont on peut certes encore discuter l'efficacité macro-économique étant donné le peu de recul, mais dont le double impact, sur le salarié et sur l'employeur, devrait amener les autoproclamés experts économistes à plus de nuances (au demeurant, le choc de confiance passe aussi par des messages forts - et cet impact là est encore plus malaisé à détecter) ; le bouclier fiscal enfin, ramené à ses vraies proportions - corriger un scandale qui envoie en Suisse ou au Luxembourg nos riches - avec leur argent. Last but not least, le RSA sera mis en oeuvre. Le message est le même : l'incitation au travail et l'amélioration nette du pouvoir d'achat de celui qui reprend une activité. Cela fait d'avance chier la gauche (et on les comprend) que le président marche sur leurs plates-bandes : nos camarades boulogne-boys socialistes de Sciences-Po ont entamé le choeur des pleureuses. Le charme du régime des partis sans doute...


Famille

Evitons de notre côté de jouer le rôle des supporters de l'équipe adverse : c'était intéressant, c'était sobre et humble, et plutôt sincère. Bon point. Le constat lucide sur les erreurs passées - et en particulier la récurrente indiscipline ministérielle - était aussi rassurant. 

Parmi les autres sujets évoqués, la grande famille humaine (les QI, quoi) : le président a tenu propos très droit-de-l'hommistes au sujet du Tibet, avec, tout de même, un peu de bon sens quant au racisme anti-chinois qui fait fureur. Concrètement en tout cas, des actions autrement plus efficaces que le ramdam médiatique ont enfin été décidées - Raffarin en Chine se trouvant là un nouveau et beau rôle efficace.

Sarkozy promet en outre un référendum sur l'adhésion de la Turquie s'il est président le jour venu (cas de figure à peu près impossible, ce n'est pas pour demain), mais il justifie la dé-modification constitutionnelle au sujet de l'agrandissement de la famille européenne (alors qu'il était jadis à l'origine de la ratification obligatoire par référendum) au motif spécieux que si la Suisse était candidate un référendum serait ridicule.


Patrie

Enfin, il voudrait faire voter les étrangers aux élections locales mais n'a pas de majorité pour le faire. C'est ici que les visées libérales de Sarkozy s'expriment, au détriment des fondements de la République que sont la nation et la citoyenneté. C'est la limite de la créativité réformiste du président, et c'est aussi la limite de la sympathie que nous lui portons.

Par RDN Sciences-Po - Publié dans : Actualités
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Vendredi 25 avril 2008

Depuis quelques années, un chapitre d'étudiants de Sciences-Po, le chapitre Saint-Guillaume, participe au pèlerinage de Chartres organisé à la Pentecôte. Ils étaient une quarantaine l'année dernière, élèves et quelques jeunes anciens. Depuis sa création par nos illustres devanciers il y a cinq ans, le succès du chapitre Saint-Guillaume ne se dément pas!

Dans à peu près deux semaines claqueront à nouveau leurs bannières de Chrétienté : un bon groupe de camarades pèlerinera cette année encore de Paris à Chartres, pendant trois jours. Soit 105 kms de fraternité, de méditation et de chants, sous la houlette d'une fine équipe enthousiaste!  Nous leur faisons volontiers un petit coup de publicité mérité : n'hésitez pas, inscrivez-vous!

Pour toute information : chapitresaintguillaume@yahoo.fr

En photo : le visage riant de Saint Guillaume digne du musée du quai Branly, et logo de l'école.

Par RDN Sciences-Po - Publié dans : Sciences-Po
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Samedi 19 avril 2008

Arrêt sur les images de la grande manifestation des lycéens. Vous avez dit manipulation? Comme dirait notre directeur, il faut apprendre à affronter la complexité intellectuelle...


Par RDN Sciences-Po - Publié dans : Actualités
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Vendredi 11 avril 2008

Jean-Luc Mélenchon (PS) n'aime pas la géopolitique tintinophile. Lui est absolument hostile au boycott des J.O. à Pékin et même, l'idée d'un Tibet indépendant lui apparaît saugrenue. Il dénonce un "engouement absolument irréfléchi" pour le dalaï-lama : "vous le trouvez sympathique parce que vous avez lu Tintin au Tibet!" s'exclame-t-il.

Et Mélenchon de rappeler la théocratie et le servage et de dénoncer le "racisme anti-chinois".  Avant de conclure : "Dans quel pays au monde y a-t-il des endroits où des émeutes urbaines ne sont pas réprimées?"

Mélenchon est un vieil idéologue. La rhétorique du renversement des valeurs est néanmoins rafraîchissante et nous sommes presque jaloux de n'avoir pas osé, nous, critiquer l'agité de RSF. Lui l'a fait. Enfin!

Par RDN Sciences-Po - Publié dans : Actualités
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Lundi 7 avril 2008

Le professeur Dreyfus (professeur émérite à la Sorbonne) écrit une très intéressante lettre publiée au courrier des lecteurs du Monde. Nous relayons ce sain petit cours de maths en ces temps où les RGPP sont décriées par principe par une opposition pas constructive du tout et où le naïf petit lycéen est manipulé dans les grandes largeurs par le syndicalisme enseignant.

"Les syndicats d'enseignants du second degré ne sont pas sérieux", écrit François-Georges Dreyfus (et nous n'en doutions pas). "Supprimer 11.000 postes d'enseignants n'a rien d'extraordinaire". Il rappelle ensuite qu'il y a en France 511.485 enseignants pour 5.418 collèges et lycées, pour un taux d'encadrement de un maître pour 10,4 élèves, taux le plus bas d'Europe. A titre de comparaison, en Allemagne le taux est de 15,1 élèves, aux Etats-Unis 15,5 élèves, au Royaume-Uni 14,4 et en Finlande 13,1. Et c'est la Finlande, selon l'OCDE, qui a les meilleurs résultats éducatifs. Pour atteindre le ratio finlandais, il faudrait supprimer 100.000 postes d'enseignants. On en est loin!

La conclusion qui s'impose, et qui devrait perturber les idéologues de gauche, c'est que les crédits et le recrutement à tout va de profs n'est pas la solution à tous nos maux. L'autre conclusion, c'est que réclamer des postes et des crédits à tut-tête évite de se poser les bonnes questions dont quelques bonnes réponses pourraient peut-être être trouvées en jetant un coup d'oeil aux pratiques du reste du monde...

Par RDN Sciences-Po - Publié dans : Actualités
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Vendredi 28 mars 2008

Pour faire taire les inquiétudes suscitées en France par la candidature de la Turquie, Jacques Chirac avait fait inscrire dans la Constitution le principe de ratification par referendum de l'adhésion d'un nouveau pays à l'UE.

On apprend que le parlement qui se réunit en congrès au début du mois de juillet devrait revenir en arrière et "faire sauter le verrou référendaire". Le mot est de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d'Etat aux affaires européennes, qui en avait suggéré l'idée au comité Balladur (lequel l'a reprise à son compte). Fillon a plaidé contre, les députés UMP font la gueule (c'est décidément leur lot commun), mais le président a tranché. 

Au risque d'enfoncer une porte ouverte, on ne fait pas sauter un verrou pour rien : l'entrée de la Sublime Porte est donc programmée, souhaitée, prévue.

Les Turcs sont à nos portes! Loin est le temps ou le candidat Sarko déclarait, avec des trémolos dans la voix, que la vocation de la Turquie n'est sans doute pas d'être au coeur de l'UE. L'électeur floué (c'est encore l'histoire du corbeau et du renard!) appréciera.

Une fois dans l'UE, la Turquie pourrait aussi s'avérer un redoutable cheval de Troie (questions éthiques et de société, droits des minorités...). Quelques combats à venir devraient s'annoncer très distrayants, dans lesquels le RDN pourrait se montrer farouchement pro-turc!

Par RDN Sciences-Po - Publié dans : Actualités
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Mardi 25 mars 2008

Faut-il boycotter Bernard Kouchner? Faut-il boycotter Rama Yade? Faut-il surtout boycotter le dalaï-lama? Depuis qu'ont débuté les malheureux événements du Tibet résonne le choeur unanime des experts en indignation. Une espèce qui, dans notre société réputée technocratique, prolifère étonnamment! Deux ou trois images, des scènes de violence, une analyse simpliste faite de "gentils" et de "méchants", et le cri des pleureuses couvre toute approche raisonnable et raisonnée. Comment d'ailleurs tenir un autre discours? Les experts en indignation parlent avec le coeur, il faudrait être un monstre de cynisme pour tenter la nuance, tant il est vrai qu'expliquer, ce serait déjà justifier.

Que se passe-t-il au Tibet? Des émeutes anti-chinoises, quelques commerçants han lynchés. On envoie l'armée mater la révolte, des chars et des camions kaki : la brutalité hélas habituelle du gouvernement chinois dans la répression est choquante, inacceptable. Mais alors, comme par enchantement, un glissement s'opère et le fond de l'affaire est déjà entendu. Le très pacifiste dalaï-lama tient le rôle du Jean Moulin des tibétains contre l'occupant chinois.

Que l'on nous pardonne de ne pas avaler tout cru cette version des faits. L'orient semble si compliqué pour l'occident qu'il faudrait se trouver des héros tout faits, d'une seule pièce. La nobélisation encourage la simplification à outrance et occulte la complexité des acteurs : Aung San Suu Kyi en Birmanie, le dalaï-lama au Tibet, etc.

Tenzin Gyatso, le dalaï-lama, est un moine bouddhiste identifié enfant comme la réincarnation du bouddha. La presse le qualifie d'ailleurs de chef spirituel et temporel des tibétains. Cette expression aux allures théocratiques rappelle la grande époque des Etats Pontificaux! Ce qui était mal pour le pape devient tellement fashion pour le dalaï-lama... Certes, conscient de son hérédité lourde de re-bouddha, Tenzin Gyatso a donné peu à peu une allure démocratique à son gouvernement en exil : des députés sont désormais élus par des représentants de chaque province du Tibet et par les écoles bouddhiques (imaginez si les jésuites avaient leurs circonscriptions à l'élection législative!) ; encore plus moderne, le gouvernement en exil a promulgué une constitution du Tibet, la charte des tibétains en exil : egalité devant la loi à l'article 9, liberté religieuse à l'article 10. Mazette! Fukuyama aurait donc été plus fort que bouddha? Soit... (la constitution de la république populaire de Chine affirme d'ailleurs les mêmes beaux principes).

Dans sa conquête de légitimité, le dalaï-lama va toujours plus loin et développe peu à peu une communication parfaitement audible pour les occidentaux : démocratie et droits de l'homme, renonciation à la revendication d'indépendance, non-violence, attitude on-ne-peut-plus coopérative pour un dialogue avec Pékin ("la Chine mérite les jeux olympiques"). A croire qu'il a sa carte au MoDem! Ne nous y trompons d'ailleurs pas, la volonté de coopérer affichée est bien plus un message adressé à l'occident qu'aux Chinois... L'affadissement du discours est tel que le dalaï-lama se trouve débordé sur sa droite par "de jeunes tibétains radicaux", qui s'en prennent violemment aux han pour revendiquer l'autonomie culturelle voire l'indépendance, et la démocratie. Jusqu'ici, les chinois, en bons marxistes, ont apporté les libertés réelles plutôt que les libertés formelles : développement économique et désenclavement (train Pékin-Lhassa inauguré en 2006), dispense de la politique de l'enfant unique, maintien de la langue tibétaine...

Le Tibet serait-il en train de s'émanciper du dalaï-lama? Les bonnes consciences accourent heureusement au secours du vieux chef contesté, tellement les esprits binaires façon Rama Yade ne sauraient s'y retrouver avec un troisième protagoniste. Le Tibet, c'est le dalaï-lama! Les détails importent peu.

A problème simple solutions faciles : les appels cacophoniques au boycott (partiel, total, toute une gamme d'offres est disponible!) des J.O. sont autant d'humiliations pour la Chine. Alors que ce régime totalitaire s'ouvre de plus en plus aux valeurs occidentales, alors qu'il se plie en quatre pour accueillir dignement les jeux, au prix de vraies révolutions culturelles (libéralisation de la presse, évolution progressive du discours officiel, etc.) c'est à qui lui fera perdre la face. Attitude ô combien irresponsable et inefficace quoiqu'elle donne bonne conscience à nos indignés professionnels (au passage, un article de l'UMP Sciences-Po, ayant bien senti la vacuité de l'idée de boycott, n'est pas parvenu à se dépêtrer du politiquement correct ambiant et in fine on ne savait plus trop, en lisant l'article, pourquoi ne pas boycotter les J.O.... Quand trop de nuance tue la nuance...).

Pour toutes ces raisons, je préfère boycotter les thuriféraires uniques du dalaï-lama...

Par John Rambo - Publié dans : Le monde est fou
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Samedi 22 mars 2008

C'est le charme d'une période post-électorale : la communication à l'attention de l'électeur potentiel fait place à la froide analyse, donc au parler vraI; Qu'avaient-ils donc en tête? Quel était leur plan? C'est maintenant que les protagonistes heureux ou malheureux trahissent leurs tactiques secrètes et leurs noirs desseins... Des coups de gueule qui font alterner le cynisme avec la franchise la plus brutale.

Chez l'élite mondialisée en herbe de Sciences-Po, c'est aussi l'effervescence. Quelques uns étaient candidats, beaucoup ont pris plus ou moins part aux campagnes. La blogosphère sciences-pipotesque nous donc a offert cette semaine deux publications absolument fabuleuses : un récit de campagne dans le 7ème arrondissement par le PS Sciences-Po, et une analyse de la défection des classes populaires par l'UMP Sciences-Po. Hélas, il faut alors se rendre à l'évidence, à droite comme à gauche nos camarades militants ont vraiment des (sales) gueules de bourgeois cossus. Et comme dirait Clemenceau, "merci pour la cédille"...


Ce qu'on peut lire à gauche :

Nos socialistes ont donc fait campagne dans à Paris 7ème. Les vacances d'hiver nous ont permis de faire campagne dans notre ville d'origine. Et la ville d'origine des militants du PS-Sciences Po, c'est le 7ème arrondissement. Certes, pas de généralisation abusive : les auteurs ont d'ailleurs une pensée affectueuse pour leurs camarades "du 16ème ou de Neuilly" : pour le PS c'est sûr, Auteuil, Neuilly, Passy, ce n'est vraiment pas du gâteau! Au-delà de leur récit qui raille la vieille bourgeoise qui se lâche (c'est rédigé avec un certain humour, à l'usage des initiés) se dégage l'impression nette que la sociologie du quartier leur est très familière : on reconnaîtra l'insolence conformiste du jeune rebelle à son milieu...


Ce qu'on ose écrire à droite :

Dans le même temps à droite, un article qui en appelle au retour vers les "classes populaires" nous fait d'abord espérer des accents gaulliens (quoique, le titre aurait dû nous alerter), mais à l'analyse de la défaite suit un couplet bonapartiste (on aime) qui se termine en eau de boudin sur des considérations très politiciennes (on aime moins). 
Au fil de l'article revient la lancinante désignation de "classes populaires", écho contemporain des "classes laborieuses, classes dangereuses" qui effrayaient tant jadis. Ce côté peuple si peu naturel fait mal au ventre. Les commentaires sont limpides : s'inquiéter du pouvoir d'achat, c'est "populiste". Il faut "enseigner avec pédagogie aux classes populaires les tenants et les aboutissants réels de la mondialisation" : les pauvres (vers lesquels il importerait donc électoralement de revenir) ne comprendront décidément rien! D'ailleurs ils "érigent l'argent en culte populaire" - quelle prétention! Une intervenante sympathisante suggère alors "un régime parlementaire issu du suffrage des citoyens les plus cultivés (Bac+2 obligatoire)". Merci Fanny, jeune fille cultivée et bien née : avec toi Louis-Philippe est de retour!
L'UMP - qui n'est tout de même pas le MoDem - sursaute alors un peu et tempère le propos : "si l’on veut réduire la part de vote non informée sans se prendre un coup de latte dans la g*** de la part de l’aimable populace, il suffit de ne pas décourager l’abstention aux élections" (Bruno, UMP Sciences-Po).


Voilà, chers lecteurs, le genre d'abominations qui trottent dans la tête de votre future classe politique. Voilà les rêves qui agitent nos Rastignac déjà pourris avant d'être mûrs! Entrent désormais dans l'arène ceux qui vous serreront des mains avec leur plus beau sourire (en vous prenant pour des imbéciles) dans l'espoir que vos voix leur offriront la gloire.

De Gaulle, réveille-toi, ils sont devenus fous!

Par RDN Sciences-Po - Publié dans : Sciences-Po
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