L'application du droit se marie mal (c'est le cas de le dire) avec l'immédiateté médiatique. L'affaire sans importance du jugement de Lille le prouve une nouvelle fois. Sans avoir entendu
l'avis du professeur Rey sur la question, il nous vient l'idée que le malheureux magistrat incriminé n'a fait qu'appliquer le code civil - mais qu'en l'espèce appliquer la loi n'est pas à la
mode.
L'histoire est simple : une jeune femme se marie et promet qu'elle est vierge. Le mari constate que ce n'est pas tout à fait le cas. En l'occurrence ça lui pose un problème parce qu'il est
musulman pratiquant, mais vraiment là n'est pas la question. La question est que la future femme lui a raconté un petit mensonge, et que c'est bien mal commencer des années de vie conjugale.
Le juge annule le mariage fort logiquement parce que pour le mari la virginité était une qualité essentielle pour se marier. La femme est d'accord (et l'on peut penser que ça l'arrange bien,
étant donné l'ouverture d'esprit du mari elle nétait pas sur le point d'entamer une vie très folichonne). Comme dirait l'autre, what else?
Certes tous les prétextes sont bons aux féministes de tout poil pour s'agiter. On peut regretter qu'ils se trompent à ce point de problème : le problème en l'occurrence, c'est l'enjeu tribal.
Toute la famille s'en mêle, le beau-père de cette pauvre femme la reconduit chez ses parents, et tout cela dans des conditions scandaleuses. Et l'on laisse faire, tant le communautarisme
musulman a su imposer ses lois et ses usages aux siens. Mais est-ce la faute du juge?
Par RDN Sciences-Po
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Publié dans : Société
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